Les revenants

Terlanen

Dans le jardin de la maison japonaise à Terlanen
(photographie de l’auteur)

On ne trouve pas dans les jardins japonais des amants couchés dans l’herbe ou se baignant dans la fontaine. […] Ces lieux stricts et délicats sont faits surtout pour être contemplés de l’intérieur d’une maison aux parois mobiles, assis, jambes croisées sur le rebord du parquet lisse, et laissant en soi s’absorber le crépuscule ou le clair de lune.

Marguerite Yourcenar, « Bosquets sacrés et jardins secrets », Le tour de la prison

Lorsqu’il marchait dans ces parages, à l’orée d’un bois clairsemé qui longeait une petite rivière, il cherchait la maison et pensait qu’il ne la retrouverait jamais. Il se remémorait une étroite bâtisse, isolée au bout d’une route, construite de briques, couleur sang de bœuf, auxquelles s’agrippaient de vieux lierres. Dans ses souvenirs, la route se transformait aussitôt en chemin de terre, puis pénétrait dans une forêt de hautes frondaisons tapissée de fougères ; un raide sentier latéral grimpait vers quelques landes au flanc d’une colline scellant la vallée. Des roucoulements de tourterelles et des criaillements de faisans perçaient parfois le silence de la combe.

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