À propos de l’auteur

« Depuis la toute petite enfance, j’ai une fringale de connaissances disparates et un peu tziganes. Je chéris ce qu’on appelle la culture générale et je me bricole de petits morceaux de savoir comme on ramasserait des morceaux épars d’une mosaïque détruite, partout où je peux, sans esprit de système. Et je vois ces choses se mettre en place, d’une façon mystérieuse, comme à l’intérieur d’une sphère où tout conspirerait à achever une sorte d’ensemble harmonique, polyphonique »

Nicolas Bouvier, entretiens avec Irène Lichtenstein-Fal, Routes et déroutes
(cité par Liouba Bischoff dans Nicolas Bouvier ou l’usage du savoir)

Bernard De Backer est un sociologue bruxellois. Il a été ouvrier, marxiste, employé de bureau, freudien, enseignant, écologiste, alpiniste, marcheur, cycliste, patient, sceptique et chercheur dans différents domaines — notamment ceux où l’on trouve ce que l’on préfère ne pas savoir. Hors cette vie banale, il est probablement l’un des premiers étrangers à avoir randonné dans les Alpes albanaises (« Bjeshet e Nemuna ») après la chute du régime communiste, traversé la Crimée à pied et écrit un livre sur les Carpates d’Ukraine avant Maïdan.

Bien que lecteur assidu de Jules Verne et de Nicolas Bouvier, il n’a commencé d’arpenter le monde et d’écrire que fort tardivement, la trentaine largement entamée. Des forces puissantes l’empêchaient d’accomplir l’un et l’autre. Il éprouvait la double contrainte d’une écriture qui, elle seule, lui permettrait de voyager et d’un voyage qui lui était indispensable pour pouvoir écrire. Les deux actions étaient inextricablement liées.

BDB chambre Toulova - copie

Dans le village de Toulova, près de Tchernivtsi (Czernowitz) en Ukraine occidentale

Un autre motif pour le récit de voyage sociologique a grandi au fil du temps. L’auteur ne peut envisager son métier sans une immersion dans la diversité du monde — humain, humanisé et naturel. Il considère, à l’instar des anthropologues, qu’il faut « faire du terrain ». Comme aurait dit Platon, pour connaître une chose il ne suffit pas d’en savoir le nom, d’en avoir une image et d’en produire une science : il faut également s’y frotter.

Au gré des expériences, il a développé un intérêt croissant pour l’approche culturelle et religieuse de l’aventure et de la diversité humaines. Auteur d’une recherche sociologique initiale sur « Utopie et historicité chez Jules Verne » — dans laquelle l’œuvre vernienne se révèle être, comme d’autres après elle, une formation de compromis entre rationalité scientifique et quête d’un espace sacré —, il considère le voyage comme un terrain d’expérience, de décentrement et de connaissance aussi important que l’université.

S’inscrivant prudemment dans la lignée de Max Weber, de Louis Dumont, d’Anthony Giddens, de Philippe Descola ou de Marcel Gauchet, ses centres d’intérêt vont de la psychanalyse à la géopolitique, en passant par l’écologie et la sociologie des religions.

Le dessus des cartes

Cette rubrique reprend les articles publiés sur son blog de La Revue nouvelle qui portait ce titre. Le sens de la rubrique est le même et les nouveaux articles publiés sur ce site s’y associent. L’intention du dessus des cartes (et non du dessous…) était la suivante : « La globalisation du monde et les interactions croissantes entre ses composantes invitent à repenser les confluences et les conflits qui en procèdent. Le temps où le modèle occidental s’imposait comme l’Universel semble s’éroder sous l’effet de ses œuvres. Par une évolution imprévue, ce sont les « superstructures » culturelles et religieuses des autres parties du monde qui gagnent en visibilité et en puissance. Ce choc en retour nous contraint à penser davantage nos dynamiques fondatrices et celles qui en différent. » En d’autres mots, le thème central est celui de la décolonisation culturelle, avec les dangers afférents que sont les rejets de la démocratie et des droits humains.

Crimes du communisme

Le lecteur pourrait être surpris par le nombre d’articles sur ce thème, dont plusieurs publiés dans La Revue nouvelle. La raison historique est relativement simple, même s’il faut y ajouter un cheminement intellectuel de longue haleine. Dans le contexte évoqué plus haut, l’auteur a beaucoup voyagé en Ukraine à partir de décembre 1991, et a pris davantage conscience, notamment grâce à des amis ukrainiens, de la terreur, des camps de concentration (Konzlager, instauré sous Lénine par le décret du 5 septembre 1918), des déportations dans ce qui deviendra la Goulag et des crimes de masse du « communisme réel ». En particulier de la famine génocidaire (selon Nicolas Werth, notamment) de 1933 en Ukraine, un sujet longtemps tabou ou dénié par une bonne partie de la gauche occidentale et au-delà. Puis, de fil en aiguille, il a approfondi le sujet, capital à ses yeux pour comprendre le vingtième siècle et le phénomène totalitaire dans toute son ampleur. Le lecteur trouvera de nombreuses traces de ce cheminement sur ce site. Notons que cela lui a valu une polémique avec Jean-Marie Chauvier, ancien correspondant du Drapeau Rouge à Moscou, et qui avait écrit un article dans la revue Imagine sur « Les Russes et la guerre ». Texte dans lequel la violence du système bolchévique était largement ignorée. Chauvier ayant réagi de manière assez brutale,  il a répondu par une lettre à Imagine.

Ajoutons qu’il a, dès novembre 2001, établit un parallèle entre l’islamisme politique et les totalitarismes européens du siècle passé. L’islamisme politique, dont une des branches a été fondée en Egypte par Hassan el-Banna en 1928, est une forme d’idéologie décoloniale avant la lettre, cela dans la mesure où le fondateur des Frères musulmans voulait lutter contre la colonisation culturelle britannique.


Quelques ouvrages et articles publiés

Du mur à l’ouvert, Éditions Luc Pire, 2001
Les Carpates oubliées. Trois saisons au pays de la Tisza noire (avec Nicolas Springael), L’Instant présent, 2002
Bouddhismes en Belgique, CRISP, 2002
Des entreprises pour travailleurs handicapés à Bruxelles. Réalités, défis et perspectivesFEBRAP asbl, 2005 (avant-propos d’Evelyne Huytebroeck)
Les cent portes de l’accueil (avec Paul Lodewick), Couleur livres, 2008
Honderd open deuren (met Paul Lodewick), Bico fédératie, 2009
Gagner sa vie, gagner des années. Et après ?, FEBRAP asbl, 2010 (avant-propos d’Evelyne Huytebroeck)

Plus de nonante articles publiés par La Revue nouvelle (dont six éditoriaux et la co-direction de trois dossiers), repris sur ce site.
Le site de La Revue nouvelle n’en reprend qu’une partie (forcément incomplète).
Bernard De Backer  a représenté la revue à deux rencontres internationales du réseau Eurozine (Conversano 2014 et Gdansk 2016).
D’autres articles ont été publiés dans diverses revues (Politique, Éduquer, Les carnets de l’éducateurEtopiaDéfis Sud, Non Marchand, Les Politiques sociales, Mille Lieux Ouverts, La Cité, Alpinisme et RandonnéeLe Messager, Imagine, L’Agenda interculturel) ou dans La Libre Belgique (notamment des édioriaux de La Revue nouvelle ou des opinions)

Quelques rapports de recherches et écrits professionnels

Vincent de Coorebyter, Bernard De Backer,  Joëlle Devolder, Véronique Sichem, L’aide à la jeunesse et la protection de la jeunesse : vers une logique de dispositifs ?, Direction Générale de l’aide à la jeunesse, 1997
Vincent de Coorebyter, Bernard De Backer, Le métier d’éducateur : transformations réccentes et fatigue professionnelle, Fonds social ISAJH, septembre 1998
Bernard De Backer, Dominique Wautier, Compétences professionnelles et formation continuée des intervenants sociaux, Fonds social ISAJH, mai 2000
Bernard De Backer, Les élections sociales de mai 2000, analyses thématiques, CRISP, novembre 2001
Association paritaire pour l’emploi et la formation (nombreuses recherches)
La vigilante (2002-2010)
CBCS, DEQ-T 2011-2013
CBCS, DEQ-T 2014-2016
L’inclusion de la personne handicapée en région de Bruxelles-capitale

Certains textes sont publiés sur Cairn.info.


Pour des raisons de désaccord éditorial, consécutif à l’arrivée d’une nouvelle direction et d’un nouveau rédacteur en chef, sans consultation de l’Assemblée générale pour le choix de ce dernier, Bernard De Backer a démissionné en septembre 2018 du comité de rédaction de La Revue nouvelle (Belgique). Il fut membre dudit comité pendant une douzaine d’années et publia plus de nonante articles dans la revue. Plusieurs des articles diffusés sur ce site ont été publiés une première fois dans La Revue nouvelle, à laquelle il avait accordé un droit de reproduction de ces textes.