
Table d’orientation avec vallée de l’Aisne au panorama de Voncq
(photographie de l’auteur)
La singulière maisonnette longiligne de bois clair, surmontée d’un toit de tuiles à deux pans, est posée sur une ligne de crête dominant la vallée de l’Aisne. À côté d’elle, solidement plantée en équerre, une ferme tel un château défait entourée de murs de pierres ocre et brunes. Des colonnades Renaissance encadrent encore le portail. Un singulier voisinage face au paysage de peupliers, de roseaux, d’eau miroitant ça et là, de broussailles et de sous-bois. La ligne de chemin de fer que l’on devine au nord reliait la gare de Voncq à Vouziers. Elle n’est plus que rouille et graminées le long du quai Rimbaud où débarquait le poète. Au sortir du village, une chapelle surmontée d’un clocher érigé au-dessus d’une coiffe noire paraît scandinave. Elle navigue dans le ciel où souffle l’air et croisent les nuages.
Ah ! Cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n’avoir ni pays, ni amis, quelle sottise c’était. – Et je m’en aperçois seulement !
Arthur Rimbaud
« L’Impossible », Une saison en enfer
Alors on espère toujours, à un détour, en faisant semblant de regarder ailleurs, qu’on va surprendre l’impossible. Le sûr c’est qu’il y a de l’impossible
André Dhôtel
Lettre à Philippe Jaccottet (citée dans Le matricule des anges, 2026)








