
Couverture du livre de Nathan Stern
(source Éditions Mardaga)
Un psychothérapeute « déconverti » de la psychanalyse, Jacques Van Rillaer, m’a un jour fourni les références du livre dont il sera question ici. Il ne s’agit pas d’un ouvrage écrit par un « ennemi » de Freud – qualificatif guerrier qui vient souvent sous la plume des psychanalystes quand on examine leur théorie et leur pratique d’un regard extérieur et critique. Mais bien d’un livre très documenté et fouillé écrit par un sociologue (un « homme impartial », différent de celui imaginé par Freud en 1926). Je n’en avais alors lu que deux chapitres, « L’investissement et la persévération en analyse » et « La cure interminable ». Et j’avais été frappé par leur justesse qui correspondait à mon expérience du divan et, ensuite, à l’ombre portée de celle-ci. J’ai consacré divers articles au freudisme, dans La Revue nouvelle et sur Routes et déroutes. Ces textes étaient centrés sur la dimension socio-historique de la psychanalyse, ses origines en lien avec la mystique juive et la modernité viennoise, sa dimension géoculturelle ou ses analyses des effets psychiques de la modernité contemporaine. Le « cas » particulier de Masud Khan avait également attiré mon attention. Mais je n’avais pas rendu compte de ce livre. Il est temps de le faire, dans la perspective d’une sociologie des croyances qui me passionne depuis longtemps.
« Et au terme de la cure – un terme qui sera plusieurs fois repoussé –, ils auront manifesté une même difficulté à énoncer ce que la cure leur a apporté, tout en jugeant qu’il s’agit de quelque chose d’essentiel. Ils seront devenus des adeptes, voire des prosélytes, de cette forme de thérapie, et malgré les années passées sur le divan, regretteront de ne pas être allés « plus loin », de ne pas être parvenus, malgré leurs efforts, au terme de « l’exploration » »
Nathan Stern, La fiction psychanalytique
« Celui que la psychanalyse a empoigné, elle ne le lâche plus »
Ludwig Biswanger, psychiatre suisse
« L’accès au savoir de soi signe forcément la clôture d’une histoire qui se déroulait dans l’ignorance d’elle-même et qui s’achève en se ressaisissant. Telle est l’ensorcelante induction qui tendra à transformer tout recul réflexif en annonce d’une « fin » (…) Il n’y a que l’esprit divin qui puisse rendre compte de semblable processus »
Marcel Gauchet, La révolution moderne
(au sujet de la théorie de « la fin de l’histoire » chez Hegel, reprise notamment par Marx ou Kojève)









