Bienvenue dans ces confins

Comme nous le savons, mais l’oublions souvent au profit d’un universalisme européen négligeant sa contingence provinciale, l’humanité n’est pas un club anglais ou une collection d’individus tombés du ciel. Les hommes et les femmes ne sont pas répartis au hasard et associés librement par un contrat social. L’espèce humaine est composée de collectifs concrets — doués de mémoire, de croyance et d’imaginaire — inscrits dans un espace et un voisinage, fruits de métissages et de heurts, héritiers et producteurs d’une histoire. Le voyageur peut s’en trouver d’autant plus instruit qu’il sera dérouté.

Les voyages, en effet, pour peu qu’ils nous confrontent de manière intense à d’autres cultures, peuvent faire vaciller les routines les plus solides qui constituent notre ancrage cognitif et émotionnel. Expérience qui n’est pas sans risques. Lorsque la route déroute, elle peut aussi ouvrir les yeux. Les assurances les plus solidement ancrées se trouvent progressivement déboîtées par le jeu qui s’introduit dans leurs fondements. Une fenêtre, au sens balistique du terme, permet alors d’apercevoir le caractère relatif d’une série de traits que l’on supposait universels. Le modelage des corps et des esprits par l’incorporation de normes sociales apparaît dès lors d’une profondeur insoupçonnée.

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Lac de Trakai en Lituanie (photographie de l’auteur)

Ce samizdat vise à arpenter ces temporalités, ces cultures et ces géographies fragmentées à l’heure d’une globalisation accélérée produisant des effets inattendus ; à analyser les accidents, les conflits et les confluences qui en procèdent. Vous y trouverez des articles en lien avec l’actualité et d’autres analyses ou récits en écho : recensions critiques de livres, synthèse de recherches sociologiques et disciplines connexes, récits de voyage. J’y ai rassemblé des textes couvrant une période de 1992 à aujourd’hui.

Vous avez la possibilité de vous abonner en introduisant votre adresse dans la fenêtre prévue à cet effet, ou dans la cartouche « suivre… » à droite en bas de la page en cours de lecture (faire remonter le curseur). N’ayez crainte : je ne publie pas plus d’un article par mois, et encore…

Ceci n’est donc pas un blog, mais une slow revue en ligne (plus de 140 articles à ce jour).
Les commentaires sont les bienvenus. Ils sont modérés, notamment pour éviter les spams.

Bonne visite, c’est gratuit et on s’en va quand on veut.

Bernard De Backer

P.-S. Je ne fais pas de renvois vers des sites « amis », mais cette règle souffre d’un exception notable pour Le Grand Continent, une revue en ligne européenne en plusieurs langues, remarquable. Une véritable « revue nouvelle », selon leurs mots. Pour le reste, je puise mes informations dans le savoir accumulé par des années de terrain, associé à mes recherches dans de nombreux domaines, ainsi que les livres (mentionnés dans les sources des articles), les revues et les grands quotidiens européens. Sans oublier les voyages de diverses natures.


Mode d’emploi pour ne pas être dérouté

  • Le contenu du site est accessible par le biais du menu « hamburger » — le carré avec les trois barres, en haut à droite de la page en cours de lecture (remonter tout en haut de cette dernière). Il est classé par rubriques ou mots-clés, avec une mise en évidence des derniers articles publiés.
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Copyright

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Citations en épigraphe 

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Écriture inclusive

Certains aspects de l’écriture inclusive sont utilisés sur ce site, comme, par exemple, la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre. Par contre, le « point milieu » ou « médian » ne sera jamais utilisé, comme dans « musicien.ne.s », « motivé.e.s », etc.  Le masculin à titre épicène est employé pour les pluriels qui associent les deux genres, ou davantage s’il y a lieu. Par ailleurs, actualité oblige, nous écrirons « atterrir » au lieu de « amarsir » ou « avénusir » et « acomètir » (en attendant la suite). Par respect pour les autres corps célestes et pour son ancienneté, nous conserverons néanmoins alunir qui date de 1921. Certes, c’est une manifestation de domination terrienne et de géocentrisme élargi, nous en sommes bien conscients.

Succession des articles

La succession est en principe chronologique, mais cet ordre peut être modifié en fonction de l’actualité ou du souhait de valoriser un article ancien, souvent en rapport avec l’actualité.

Liens internet

Les textes soulignés sont des liens internes ou externes qu’il suffit d’activer en cliquant dessus.


Actualité, et pour longtemps

La Chine sera sans doute « l’affaire du siècle », notamment pour les démocraties et la géopolitique mondiale, dans le contexte d’une perte d’influence du modèle démocratique et de la « décolonisation culturelle » qui en est la cause, après le transfert de la techno-science occidentale (et ses effets militaires). Cela sans la dynamique symbolique et politique qui a permis son développement, ce que l’on a coutume d’appeler « les Lumières ». Mais contrairement à ce que l’on entend souvent, ce qui est en jeu fondamentalement, ce ne sont pas tant « les Chinois » ou « la Chine », que l’idéologie marxiste-léniniste (russo-européenne, elle) associée au modèle impérial des Qin et à la théorie des Légistes, auxquels Mao et Xi Jinping se réfèrent. Quand les Chinois s’éveilleront, la Chine communiste impériale tremblera. Mais auront-ils le temps et la volonté de sortir du « rêve chinois » ?

Articles sur la Chine.

Article le plus consulté

Le tabou de la pédophilie féminine

Commentaire : ce n’est pas celui qui me semble le plus intéressant, mais sa fréquentation largement supérieure aux autres obéit peut-être à la loi dite du « putaclic », à savoir que ce sont les informations relatives au sexe, à la dispute, à la surprise, à la peur, à l’inédit, au « tabou » qui sont les plus consultées sur Internet, comme le documente le sociologue Gérald Bronner dans Apocalypse cognitive (dont le titre obéit un peu à la même logique). Sans oublier la véritable « pédopholie » qui fait amas autour de ce signifiant. Par ailleurs, cet article a commencé à être fréquenté et diffusé sur Facebook (pas par moi, qui ne suis pas sur les réseaux sociaux) après « l’affaire Duhamel ». Il n’empêche, la « pédophilie fémine » semble bien un « impensable ». C’est pour cela que j’ai voulu comprendre quelle étaient les déterminants de cette impensabilité en croisant différentes approches.

Mon article préféré

L’invention du paysage occidental

Commentaire : il s’agit du seul texte dans lequel je parle de peinture, en particulier de celle qui a « inventé » le paysage en Europe. L’article est à la croisée de plusieurs chemins. Un rêve récurrent de mon adolescence à Anvers, la ville des peintres, qui m’a longtemps intrigué ; ma passion pour la peinture flamande de la renaissance ; la lecture de Philippe Descola et de Tsvetan Todorov ; mes années d’escalade à Freyr et beaucoup d’autres choses. Pour mon bonheur, ce texte est très consulté. Une ou deux années plus tard, je suis allé avec une amie voir un tableau de Patenier à Cassel en Flandre française, dont j’ai également rendu compte sur ce site.

Récits de voyage à la une

Pray for Japan

Commentaire : en mémoire du tsunami du 11 mars 2011 et de la catastrophe nucléaire de Fukushima qui en a résulté. Ce voyage en solo s’est déroulé en avril 2011, en pleine crise nucléaire, au centre du Japon (Nara, Kyoto, Yoshino, Osaka) et dans l’île de Kyushu (Fukuoka, Nagasaki), jusqu’à Ibusuki au sud de Kagoshima. Cela en passant par la maison de Lafcadio Hearn à Matsue, sur la côte occidentale de l’Archipel surnommée « le Pays de l’Envers ». Hearn serait l’auteur ayant utilisé pour la première fois le mot « tsunami » dans un texte en langue anglaise.

L‘article de blog qui a posé problème à La Revue nouvelle

Allumettes suédoises.

Commentaire : je n’ai jamais su quel était le problème. Peut-être était-ce l’usage du terme « islamo-gauchiste » (utilisé entre guillemets et sourcé) concernant le parti écologiste suédois ? Ou le fait d’évoquer les questions migratoires, qui ont fortement pesé dans les élections suédoises de septembre 2018 ? J’imagine que l’on devait sans doute me reprocher « de faire le jeu de … », voire peut-être de me rapprocher du « camp du Mal ». C’est un signe, parmi d’autres, de « la fin du débat » et de la nuance. Pour information, le sous-titre de La Revue nouvelle est « Les questions de société en débat ». Ce récit est le fruit d’un voyage d’un mois sur place, chez des Suédois, de très nombreuses lectures et d’un travail sur les données statistiques des autorités suédoises.

P.-S. Le livre de Renaud Camus, de la collection Demeures de l’esprit, consacré à des maisons d’écrivains suédois, m’avait été recommandé par une amie libraire. Il a été lu après cette affaire. Il ne figurait donc pas dans la bibliographie du texte discuté à la RN. Le fait de mentionner ce robuste ouvrage sur de grands écrivains suédois, leur vie et leur environnement au départ de leur demeure, ne fait évidemment pas de moi un adepte de la théorie du « Grand remplacement »…