Géopolitique de l’intelligence

Neurones

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Les avancées spectaculaires de l’Intelligence Artificielle (IA), exponentiellement accrues par les progrès technologiques et alimentées par les données collectées sur les réseaux, suscitent de nombreuses interrogations et débats. Ces derniers portent notamment sur les limites politiques à l’intérieur desquelles l’IA devrait être contenue – ainsi que sur ses rapports avec l’Intelligence Humaine. Le transhumanisme est l’une des figures de ces débats, dans la mesure où la survie de l’espèce humaine face aux « monstres de silicium » nécessiterait – selon les transhumanistes – d’augmenter les capacités humaines de manière vertigineuse. La « guerre des intelligences » ne semble déjà plus un risque, mais bien une réalité largement opérante. Dans ce contexte, la dimension géopolitique paraît assez largement négligée, les prévisionnistes et les prophètes en tous genre ayant souvent une vue technocratique ou économiciste de la question. La « matière grise » apparaissant comme l’une des ressources stratégiques du futur, sa maîtrise requalifie-t-elle les rapports entre entités géopolitiques ? Car si la mondialisation entraîne les parties du monde vers un destin partagé, c’est à partir d’histoires très différentes.

Complément du 28 janvier 2021. Pascal Boniface publie son livre « Geopolitique de l’intelligence artificielle » près de trois années après cet article (publié début mars 2018). Grande différence : nous ne parlions pas que de l’intelligence artificielle et de la puissance des grands groupes (GAFAM aux USA et BATX en Chine), mais également de l’intelligence humaine (celle mesurée par le QI), et du régime politique chinois, son emprise sur les données sans contre-pouvoir. Sans oublier les métaux et terres rares, dont l’empire du Milieu a le quasi monopole. Rien de tout cela, en  tous cas, dans la vidéo de Boniface présentant son livre. Je ne sais s’il en est question dans le livre lui-même.

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