La piste du Parang La

Homme et cheval le long du lac Tso Moriri à 4500 m d’altitude (photographie de l’auteur)

Durant l’été 1998, je me suis lancé dans un vaste projet de voyage à pied au Ladakh, plus précisément au Rupshu, une région désertique bordant la frontière tibétaine. J’avais l’intention de joindre le trekking classique de la vallée de la Markha à la remontée de la rivière Para Chu jusqu’au col du Parang La, niché à cinq mille six cents mètres d’altitude et en principe interdit à l’époque. Les difficultés de l’entreprise, en solo et en bivouac, notamment pour des raisons de ravitaillement en eau et en nourriture dans une région quasi déserte, m’ont conduit à séparer ces deux marches. J’ai donc entrepris la route du Parang La après avoir marché autour de la vallée de la Markha, ce qui m’a permis de m’acclimater à l’altitude par un premier passage de col à plus de cinq mille mètres. Ce sont les diapositives numérisées de la seconde équipée qui sont publiées ici, le récit en ayant été fait dans « Himalayan Queen » publié une première fois dans La Revue nouvelle, puis sur ce site. Le col une fois franchi vers la vallée de Spiti, je suis arrivé au monastère de Key, puis à celui de Tabo. Ce dernier est le plus ancien monastère en activité continue de l’Himalaya, cela depuis plus de mille ans. Vous en verrez quelques photographies extérieures. Les fresques au sein du temple sont époustouflantes, mais très faiblement éclairées. Je n’en ai pas d’images ; vous pouvez deviner mon émerveillement à l’aide de celle trouvée sur le net.

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Tchornohora – saison d’hiver

La Montagne noire au couchant (photographie de l’auteur)

Au nord-est de la Hongrie, entre Roumanie et Pologne, l’arc des Carpates fait une incursion d’une cinquantaine de kilomètres en Ukraine. La ligne de crête du massif sépare la Galicie et la Bucovine du nord de la Transcarpatie. C’est près de la frontière roumaine que se trouve la Montagne noire (Tchornohora), culminant à 2060 mètres au Mont Goverla, le sommet du pays. Ayant successivement fait partie de l’Empire austro-hongrois, de la Tchécoslovaquie (après une brève indépendance en 1919), de l’Union soviétique puis de l’Ukraine, la région est connue pour son peuple des montagnes, les Houtsoules. Un roman célèbre en Ukraine, À l’ombre des ancêtres oubliés de Mykhailo Kotsiubynsky, se déroule dans ces montagnes. Il a inspiré Sergueï Paradjanov pour son film endiablé et mystérieux, Les chevaux de feu (le titre en ukrainien et en russe est celui du roman). J’ai découvert cette région en 1993 et y suis retourné trois fois avec un photographe bruxellois, Nicolas Springael. Ces voyages ont donné naissance à un livre, Les Carpates oubliées. Trois saisons au pays de la Tisza noire, publié en 2002. Les photographies en noir et blanc étaient de Nicolas et j’avais écrit le texte. Ayant retrouvé mes diapositives au fond d’un coffre, je les ai numérisées. Celles qui sont présentées ici datent de janvier 2001. Elles sont relatives à l’une des trois saisons composant le livre. D’autres suivront. Il n’y a ici que quelques images choisies, pas de récit sur ce que j’ai vécu et perçu lors de ces quatre voyages (le premier en 1993) au pays de la Montagne noire. Avec leurs habitants, dans les villages, les églises, les fermes, les trains, les vallées et parfois au sommet des montagnes. Sans oublier la palinka. Tout cela se trouve dans la centaine de pages du livre, qui m’a donné beaucoup de joies et quelques peines.

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Autour du Mont Viso

Aux approches du Viso (photographie de l’auteur)

En septembre 2000, j’ai voyagé en train de Bruxelles à Briançon, d’où je suis parti pendant une dizaine de jours pour marcher dans les montagnes du Queyras. Le ciel était limpide, la lumière oblique, l’herbe roussie, l’eau rare et il n’y avait personne sur les sentiers. Le soir, je montais ma petite tente trois saisons avec laquelle j’avais bivouaqué deux années auparavant, à plus de cinq mille mètres d’altitude, dans l’Himalaya indien près du lac de Tso Moriri au Rupshu. Je ne me souviens plus très bien de ce tour du Mont Viso (3841 m), ni de ses motifs, sinon qu’il était éprouvant, silencieux et solitaire, stupéfiant de beauté. Ainsi, à ma grande surprise, lors d’un passage de col, j’ai aperçu des « chevaux de vents » tibétains (lungta) faseyer d’un rocher à l’autre. Comme ceux que j’avais croisés au col du Parang La, deux années plus tôt. Une caravane de Tibétains avec des yacks avait emprunté le GR 5 depuis la Méditerranée, marqué les cols de leurs drapeaux de prière. Comme le paysage désertique et ocre du Queyras ressemblait à celui du Ladakh, l’effet était confondant. Plus loin à la nuit tombante, au piémont du Viso en Italie, d’étranges tas de pierres avait été édifiés par des marcheurs, tels des fétiches indiquant la frontière d’un territoire sacré. Il m’a fallu vingt ans pour enfin extraire ces images de mon coffre à diapositives et me décider à les numériser. J’en publie quelques-unes ici, de manière chronologique. Libre à chacun de rêver ou de se souvenir.

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