L’hindouisme politique au travail

Bharat-mata

Pendant que nous avons les yeux rivés sur les soubresauts du monde arabo-musulman, l’Union indienne vit à sa manière un redéploiement de ses tensions identitaires face à l’islam, à l’héritage colonial et à la partition de 1947. Si l’évènement qui provoqua une cristallisation majeure de l’hindouisme politique date d’il y a plus de vingt ans, la victoire électorale en mai 2014 du parti nationaliste hindou — le Bharatiya Janata Party — lui fournit de nouveaux leviers d’action. Bref survol des chemins tortueux qui oscillent entre British Raj, Ramraj et Swaraj, le régime britannique, le règne du Dieu Rama et le gouvernement par soi-même.

Bernard De Backer, août 2015

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Complément de février 2020 : Numéro de la revue Critique consacrée à l’Inde. Selon Le Monde du 14 février, « le numéro a été conçu par la philosophe Divya Dwivedi, qui dresse, dès les premières pages, le constat d’un rejet des droits de l’homme et de la démocratie par les arbitres de « l’indianité » en tant qu’idées étrangères, associées à la colonisation. » Nous y  voici : la décolonisation culturelle entraine le rejet des droits de l’homme comme « idée étrangère ». Et ce n’est pas qu’en Inde, comme nous l’avons écrit depuis quelque temps. On ne comprend rien à la géopolitique contemporaine sans ce constat.

Complément de décembre 2019 : Menace sur la laïcité indienne. Éditorial du journal Le Monde du 17 décembre 2019. Une réforme de la loi sur la nationalité qui met au ban la communauté musulmane a été adoptée le 11 décembre. Le pays est secoué depuis par d’importantes manifestations. « En Inde, Narendra Modi aggrave la marginalisation des musulmans. » Par Sophie Landrin, Le Monde du 6 décembre Le gouvernement va soumettre au Parlement une loi qui modifie les conditions d’acquisition de la nationalité en incluant des critères religieux. Sans résistance ou presque, l’Inde s’enfonce un peu plus, chaque jour, dans un régime ethnique destiné à asseoir la suprématie des hindous, et à exclure ou marginaliser les musulmans du pays, soit 180 millions d’habitants. Depuis sa réélection triomphale en mai, Narendra Modi a les mains libres pour mettre en œuvre sa doctrine idéologique, l’hindutva (« hindouité »), selon laquelle l’Inde appartient aux hindous.

Compléments de novembre 2019 : « Quand l’Inde de Modi annexe une région du Népal». Guillaume Delacroix, Le Monde du 29 novembre 2019. Le gouvernement du nationaliste indien a publié une nouvelle carte officielle qui incorpore un corridor népalais donnant accès au mont Kailash, lieu sacré de l’hindouisme.

« En Inde, la justice autorise la construction d’un temple hindou sur un site disputé avec les musulmans », Sophie Landrin, Le Monde, 9 novembre 2019. Extrait : « C’est sans doute l’une des décisions les plus importantes de son histoire. La Cour suprême indienne a tranché, samedi 9 novembre, un dossier explosif qui oppose hindous et musulmans depuis des décennies et qui a donné lieu à des affrontements intercommunautaires sanglants, plus de 3 000 morts. Sa décision constitue une immense victoire pour le gouvernement nationaliste de Narendra Modi et pour les hindous. A l’unanimité, les cinq juges ont autorisé la construction d’un temple hindou à Ayodhya, dans l’Uttar Pradesh, en lieu et place de la mosquée Babri (…) »

Complément d’août 2019. Pour comprendre l’arrière-plan idéologique et géopolitique de la situation actuelle au Cachemire et, plus récemment, la question du recensement en Assam visant à exclure des millions de musulmans de la nationalité indienne.

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