Les mutins du HMS Brexit

United_Kingdom_1843

Royaume-Uni en 1915, avant l’indépendance de l’Irlande

Article publié le 15 mars 2017

Á l’heure où « l’article 50 » va enfin être actionné par le gouvernement de Theresa May, l’Ecosse menace de prendre le large et l’Irlande du Nord connaît une poussée spectaculaire du Sin Fein, devenu tardivement pro-Européen. Il nous paraît dès lors instructif de revenir sur des dimensions sous-estimées du Brexit : les facteurs impériaux et nationaux. L’intérêt du cas britannique est de nous offrir un emboîtement de ces différents facteurs : les nations écossaises et d’Irlande du Nord[1] au sein d’un Royaume-Uni (UK) dominé par l’Angleterre post-impériale, et cette dernière enchâssée « à l’insu de son plein gré » au sein de l’UE. Il nous indique aussi combien les dimensions nationales peuvent être têtues, ce que la décomposition de la Tchécoslovaquie, de la République fédérative socialiste de Yougoslavie et de l’URSS nous avait déjà montré. Dans ces deux derniers cas, d’ailleurs, les ambitions serbes et russes offrent quelques ressemblances avec celles de l’Angleterre (même si ces dernières sont plus démocratiques et pacifiques ; mais n’oublions pas les violences récentes en Irlande du Nord, pacifiée par les « Accords du Vendredi saint » de 1998, aujourd’hui menacés).

Complément du 17 février 2020. Comment le Brexit accélère la réunification de l’Irlande, par Philippe Bernard dans Le Monde. A Dublin comme à Belfast, la longue marche des partisans de la réunification est loin d’être achevée. Mais l’histoire retiendra peut-être un jour que c’est l’ancienne puissance coloniale qui, en décidant du Brexit pour affirmer sa puissance, a précipité la perte de sa possession irlandaise.

Complément du 13 février 2020. Irish unification is becoming likelier, titre The Economist avec une superbe couverture… verte. « Scottish independence has grabbed headlines since Brexit, but it is time to recognise the chances of a different secession from the United Kingdom. Sinn Fein’s success at the election is just the latest reason to think that a united Ireland within a decade or so is a real—and growing—possibility. »

Lire la suite