Bouddhismes en Belgique

Couverture Bouddhismes en Belgique

Les indicateurs d’une présence non négligeable du bouddhisme en Belgique, comme dans la plupart des pays occidentaux, sont nombreux. Outre sa grande visibilité médiatique, la diffusion de multiples ouvrages d’inspiration bouddhique, d’études consacrées au bouddhisme et les films récents qui l’ont popularisé (essentiellement sous sa modalité tibétaine), différentes enquêtes et recherches menées en Europe et aux États-Unis montrent l’attractivité de la « Bonne Loi ».

De nombreux occidentaux sont touchés par le bouddhisme, que ce soit sous la forme plénière d’une « prise de refuge » (conversion) comme laïc ou moine, ou sous des modalités plus souples et intermittentes d’adhésion, impliquant ou non des pratiques religieuses et la fréquentation de groupes constitués. Dans certains cas, la pratique et l’étude du bouddhisme peuvent aller de pair avec une affiliation religieuse différente, notamment chrétienne ou juive, voire un agnosticisme ou un athéisme déclaré. Par conséquent, les formes d’adhésions et d’identités bouddhiques des Occidentaux se caractérisent par une très grande variété et fluidité, ce qui rend la mesure de son implantation particulièrement difficile.

En outre, les flux de migrants et de réfugiés en provenance de pays ou de régions de tradition bouddhiste ont été accompagnés par la création de lieux de culte (pagodes, monastères,…) et la reconstitution de communautés croyantes, dans le cadre du « bouddhisme transplanté ». C’est le cas également en Belgique, notamment dans les communautés vietnamienne, laotienne, thaïlandaise, cambodgienne et chinoise.

L’implantation du bouddhisme dans notre pays, comme dans d’autres pays occidentaux, est donc la résultante d’au moins deux lignes de développement distinctes : la diffusion d’idées et de pratiques auprès d’Occidentaux et la transplantation de communautés asiatiques de tradition bouddhiste. Dans le premier cas, il s’agit d’un bouddhisme électif, « choisi » par des individus d’une autre tradition religieuse, voire de filiation agnostique ou athée, dans le second d’un bouddhisme natif, « hérité » de la communauté d’appartenance.

Bernard De Backer, 2002

La suite du texte est en accès libre sur Cairn info

Complément du 13 septembre 2022. « Bouddhisme, la loi du silence », sur Arte. Un document spéctaculaire et presque uniquement à charge (mais nombre de personnes incriminées n’ont pas voulu répondre) sur les abus, notamment sexuels et financiers, commis par des hiérarques bouddhistes (dont Robert Spatz de l’OKC, Belgique, et Sogyal Rinpoché). Phénomène qui n’a rien de très surprenant, à vrai dire, et qui guette toute personne en position de gourou ou de « supposé savoir » (prêtres, pasteurs maîtres charismatiques, chefs de secte, frères musulmans, psychanalystes, artistes…). La réaction de Matthieu Ricard est très sévère sur Robert Spatz et Sogyal Rinpoché, notamment. Mais également sur les conditions de son interview sur base d’un projet qui était un faux (« un film sur l’histoire du bouddhisme et ses rapports avec les recherches en neurosciences »). Voir : Au sujet du documentaire « Bouddhisme : La loi du silence ».

« Bouddhisme, la loi du silence », sur Arte : « Ce documentaire aura peut-être l’effet salutaire de libérer la parole ». La diffusion, sur Arte, d’une enquête sur des cas d’abus dans certaines communautés bouddhistes est « une excellente nouvelle », selon Antony Boussemart, coprésident de l’Union bouddhiste de France (UBF), pour qui il est « absolument essentiel » que la parole des victimes soit entendue. », Le Monde, 14 septembre 2022. Antony Boussemart est cependant critique : « En revanche, ce qui me gène dans ce documentaire, c’est qu’il parle de « système ». Je trouve cela très dangereux, car cela laisse entendre que, derrière les quelques affaires évoquées, il y a une organisation machiavélique, ce qui n’est évidemment pas le cas. Ce n’est pas parce qu’il y a des dérives dans un club de natation ou de patinage artistique qu’il faut jeter l’opprobre sur toutes ces disciplines. »

« Un décalage immense existe entre les discours sur le bouddhisme et les pratiques des enseignants bouddhistes, notamment tibétains ». La publication en 2016 de l’ouvrage « Les Dévots du bouddhisme », mettant en lumière certaines dérives dans des communautés liées au bouddhisme tibétain, a libéré la parole sur un sujet tabou, estime son autrice, l’anthropologue Marion Dapsance. La diffusion, sur Arte, du documentaire « Bouddhisme, la loi du silence », en est une nouvelle illustration.  » Interview dans Le Monde du 13 septembre de Marion Despance. Voir aussi « Les bouddhistes français loin du nirvana« . « Dans une enquête fouillée, l’anthropologue Marion Dapsance met en cause l’enseignement que dispensent les centres Rigpa en France. » Le Monde, 9 novembre 2016

Notons que certains de ces faits avaint été dénoncés depuis longtemps, notamment ceux reprochés à Sogyal Rinpoché. Par ailleurs, une spécialiste du bouddhisme tibétain, Donald Lopez, avait publié Prisoners of Shangri-La en 1998. Un livre dans lequel il montrait comment les lamas tibétains exilés en Occident avaient adapté et parfois modifié l’enseignement boudhhique pour être conformes aux attentes de leurs nouveaux adeptes et clients. Un autre livre, Zen en guerre, de Brian Victoria, étudiait quant à lui le soutien de hiérarques zen japonais au militarisme nippon. Il est question de ces deux livres dans cette étude faite pour le CRISP il y a vingt ans.

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