L’écologie du Vivant en question

Couverture du livre du philosophe Francis Wolff
(source Philosophie Magazine)

Le livre du philosophe Francis Wolff, professeur émérite à l’École normale supérieure, est l’ouvrage d’un écologiste, mais adversaire d’une écologie centrée sur « la vie » en tant que telle. Celle qui se développe notamment dans la foulée d’une critique de l’ontologie « naturaliste » occidentale, développée par Philippe Descola, Eduardo Viveiros de Castro, Bruno Latour, puis Baptiste Morizot, Vinciane Deprez et beaucoup d’autres. Son ouvrage a été écrit avant la seconde élection d’un Trump climatosceptique et l’auteur a hésité à le publier après. Il s’en explique en début de livre. S’il adresse des critiques à certains courants de la pensée écologique contemporaine, il tient cependant à rappeler que « l’adversaire unique, en la matière, demeure l’écoscepticisme sous toutes ses formes ». Comme j’ai développé des réflexions semblables dans plusieurs articles de Routes et déroutes, notamment à l’égard de Morizot et Descola, il m’a semblé pertinent de rendre compte de ce livre. Peut-on être écologiste militant non biocentré, c’est-à-dire humaniste ? Qu’est-ce que cela signifie ? Examinons l’argumentaire de Wolff, car l’affaire n’est pas si simple.

« … à force de vouloir expulser l’humanité de sa position dominante dans la nature, on finit par prêter à toute la nature les propriétés les plus convenues de l’humanité – quand ce ne sont pas les apologies du bon sauvage ou de la Terre-Mère. »

Francis Wolff, La vie a-t-elle une valeur ?

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Hommage à l’Avesnois

Vue de l’Avesnois par le peintre Raymond Debiève
(Maison du Bocage à Sains-du-Nord)

La journée fut ardente et folle pour une fin d’avril. Le paysage de prairies, de haies vives, darbres d’une verdure cristalline étincelait dans la chaleur de l’été. La conjonction d’un soleil couchant somptueux, de buissons d’aubépine ployant sous d’épaisses grappes et de prairies tapissées de renoncules recouvrait la terre d’un manteau doré. L’étroite route parcourue à bicyclette serpentait entre bocages et bosquets. Parfois, une trouée dans les haies laissait entrevoir des groupes de moutons ou de petites vaches brunes, de vieilles maisons de pierres et de briques. Nous revenions de Maroilles pour rejoindre Noyelles, non loin de la Sambre, des marais et prairies humides qui la bordent. Au-delà, la forêt de Mormal dressait ses chênes sur le versant nord de la vallée. Notre logement apparut bientôt au premier étage d’une maisonnette de vieilles briques. Après avoir rangé les vélos, nous avons escaladé l’escalier de bois pour retrouver notre gîte nimbé de lumière pourpre. Le premier soir tombait.

Si t’vas dins l’Avesnois
Té pousses ch’qu’à Trélon
Ten’verras mi in bout d’carbon

Dins l’Nord y a pas qu’des coronschanson d’André Dufour

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Des campagnes démembrées ?

Bocage discontinu en Angleterre, région de York
(source Wikipédia)

Sur la route nue et rectiligne entre Laon et la frontière belge, nous avions traversé une vaste région de monocultures, piquetée de silos massifs et de fermes éparses. Quelques arbres se dressaient çà et là, un moignon de haie dans le creux d’une colline, un ruisseau entouré de champs ras. On avançait silencieusement dans ce paysage vide. Je me demandais, tout comme pour la « Champagne pouilleuse » souvent traversée, quel pouvait être le visage de cette région autrefois, avant le remembrement d’après-guerre. J’imaginais un pays verdoyant de bocages, de haies d’arbres et de buissons qui structuraient l’espace, protégeaient du vent et gardaient l’eau ; des étangs et des rivières bordées de joncs, des oiseaux et des insectes, des chemins de terre. Certes, c’était peut-être la vision d’une « utopie rustique » imaginée par un écolo des villes. Les fermes étaient petites, à la limite de la survie, les paysans végétaient dans l’isolement, se déplaçant en carioles tirées par des chevaux. La vie y était souvent rude, patriarcale, les conflits de voisinage fréquents, le confort minimal. Mais, comme pour me démentir, du moins en partie, la voiture fit soudain son entrée dans l’Avesnois, une région de bocages, de bois, d’étangs et de forêts qui semblait avoir survécu au productivisme de l’agriculture industrielle. Que s’était-il passé ?

En été dans les chemins creux
S’enlaçaient les amoureux,
Les rossignols des alentours
Leur sifflaient des chansons d’amour…
Avec les branches de sureau
Les enfants faisaient des flûtiaux,
Existe-t-il un seul ruisseau
Qui n’ait pas fait tourner d’moulin à eau ?

RemembrementTradart, 1971 (source Champs de bataille)

Madame la colline, chanson contre le remembrement par Gilles Servat

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Crise dans la démocratie ?

Couverture du dernier livre de Marcel Gauchet
(source Éditions Gallimard)

Si une certaine vigilance géopolitique et géoculturelle nous enseigne depuis quelques années qu’il y a bien une crise de la démocratie dans le monde, ou plus exactement un rejet croissant de celle-ci par sa partie non occidentale (le « Sud global »), nous sentons à divers signes qu’elle se situe également à l’intérieur de ce modèle politique et sociétal. C’est à cette crise dans la démocratie que s’attelle le dernier livre de Marcel Gauchet, Le nœud démocratique (2024). Le modèle analytique de l’auteur, développé dès Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion (1985), n’est pas facile à appréhender par ceux qui ne sont pas familiers de son œuvre. Il est profondément contre-intuitif et bouscule notre habitus culturel occidental universaliste, mâtiné d’un marxisme sommaire. C’est que, pour Gauchet, l’infrastructure qui pilote en sous-main le monde humain-social et ses évolutions n’est pas l’économique, mais bien le symbolique : la carte du croyable, du pensable et du souhaitable déterminée par divers ancrages religieux (hétéronome, selon Kant) ou postérieure à ceux-ci (autonome), en conservant un lien « à reculons » avec la structuration hétéronome ­­- source de formations de compromis, dont les régimes totalitaires du XXe siècle sont les exemples les plus éclatants. Comment cette lecture structurale de l’histoire nous permet-elle de saisir la crise dans la démocratie ?

« En dehors d’une étroite élite, les sociétés vivent pour leur grande masse dans un cercle de références internes hérité de leur parcours propre. Elles doivent vivre désormais en fonction d’un système de références qui tient à leur coexistence externe, comme si leur passé n’avait plus d’importance. (…) Une bonne part de la querelle multiforme des « identités » sort de là.  (…) Car ce qui se trouve disqualifié de la sorte, effacé, voire refoulé, n’en continue pas moins d’habiter les esprits et de réclamer diversement sa part » 

« Or l’autonomie, ce ne peut être s’enfermer dans un autisme cosmique – se gouverner soi-même dans l’indifférence à ce qui n’est pas soi, qui se trouve être ce qui conditionne son existence. Le problème écologique ajoute une dimension supplémentaire au problème général en lui adjoignant l’exigence d’une maîtrise réfléchie de l’insertion dans cet Autre dont nous sommes une partie en même temps qu’un mystérieux corps étranger. »

Marcel Gauchet, Le nœud démocratique

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Forêts humaines

Paysage au couchant à Villars-Santenoge
(photographie de l’auteur)

C’était au lendemain d’un orage batailleur. La lumière était limpide, les odeurs soyeuses des champs et des forêts embaumaient le vent. Nous cherchions en vain ce lieu discret : une mystérieuse formation naturelle autour d’un cours d’eau sous les arbres. Après plusieurs voies sans issue et en absence d’indications, nous fîmes halte devant une barrière verte face à une route de terre. Un rectangle coloré pour randonneurs nous faisait signe. Le chemin forestier descendait après la poutre de bois, en douces ondulations sous une canopée vertigineuse et mouvante ; des petits ruisseaux sonnaient comme des grelots. Nous vîmes des dizaines de limaces orange vif, rampant sur le sol ou grimpant de subtils entrelacements d’herbes, d’écorces et de plantes – des microcosmes cultivés par des nains. Les arbres bruissaient, dansaient avec le soleil.

Mais j’ai préféré continuer, traverser la forêt silencieuse, prendre entre deux rangées de hauts peupliers d’Italie la route de Santenoge et découvrir le soir, dans ce paysage ruiselant d’or, de mélilots, de libellules, le hameau de Villars et le café Au bon accueil. Je le recommande à tous ceux qui passent par là. C’est un gîte de fortune, isolé au seuil de la forêt, avec une ou deux chambres que l’on n’a pas dû retapisser depuis 1925 à en juger par le papier aux rosaces jaunies…
Jacques Lacarrière, Chemin faisant, 1977

Nous voulons des forêts, pas de faux rêves
Slogan de zadistes, cité par Gaspard d’Allens, Des forêts en bataille

Il entend, dit la légende, le chant des oiseaux, les hurlements des loups ; il comprend le cerf qui brame et la feuille qui craque en se détachant et va rejoindre ses sœurs dans les valses du vent.
Louise Michel, Contes et légendes

Les choses se sont succédé dans l’ordre suivant : d’abord les forêts, puis les cabanes, les villages, les cités et enfin les académies savantes
Giambattista Vico, La Science nouvelle (1744)
(cité par Harrison, Forêts. Essai sur l’imaginaire occidental)

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La seconde vélorution

Publicité anglaise de 1897 pour une marque d’embrocation
(source Wikipédia)

La scène aurait paru surprenante en ville il y a quelques années : je dépasse en pédalant deux jeunes femmes, roulant côte à côte à bicyclette avec chacune un duo de fillettes sur les sièges arrière. Les enfants casquées échangent vivement entre elles, mais aussi d’un vélo à l’autre. Elles agitent les mains. On imagine le dialogue, qui est en allemand : « Meine Mama fährt schneller als deine », « Das ist nicht mal wahr ! ». Le vélo est à assistance électrique, de cette marque qui s’est spécialisée dans les engins pouvant transporter plusieurs enfants, ou des marchandises dans un coffre à l’avant. Ce sont des vélos-cargos qui se déclinent en d’innombrables versions. Une des enseignes qui les vendent à Ixelles est gigantesque, luxueuse, et cela depuis peu. À l’origine, c’étaient des jeunes qui y avaient ouvert une boutique avant le Covid. J’y avais acheté ma seconde bécane, un pliable robuste pour la ville, venant compléter mon Fahrrad de voyage. Ma voiture avait été liquidée quelques années plus tôt. Sa carcasse usée m’avait rapporté nonante euros, un abonnement à la Stib (société de transport public bruxellois) et à une entreprise de voitures partagées. L’actuel grand magasin de vélos, ironie du sort, appartient à un concessionnaire automobile. Le vent, aussi, tourne.

« Depuis toute la vie et pour toute la vie, je pédale. Sur les routes et déroutes qui vont de l’enfance à l’âge que l’on croit adulte, avec un petit vélo dans la tête qui n’en finit pas de me faire tourner en rond sur ma terre toute ronde, comme si la vocation première de la bicyclette était d’arrondir les angles du monde. »

Eric Fottorino, Petit éloge de la bicyclette
(
cité par David Le Breton dans En roue libre)

Aux cyclistes méconnus, notamment Annie Cohen Kopchovsky, Hélène Dutrieux, Alexandre Soljenitsyne et Emil Cioran

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L’écosophie pistée

Couverture du livre recensé dans cet article (source Actes Sud)

« On eût dit que soudain la Route ensauvagée, crépue d’herbe, avec ses pavés sombres sous les orties, les épines noires, les prunelliers, mêlait les temps plutôt qu’elle ne traversait le pays, et que peut-être elle allait déboucher, dans le clair-obscur du hallier qui sentait le poil mouillé et l’herbe fraîche, sur une de ces clairières où les bêtes parlaient aux hommes. »

Julien Gracq, Les terres du couchant

« Énigme parmi les énigmes, 
la manière humaine d’être vivant »

Baptiste Morizot, Manières d’être vivant

La multiplication des livres « éco-philosophiques » ou « éco-anthropologiques » est un révélateur des transformations de la vision occidentale de la nature et de notre crise écologique, le « notre » n’étant pas écrit par hasard. Cela non pas au sens d’une implication locale unique (pensez à la pollution en Chine, à Tchernobyl, Bhopal ou Fukushima), mais bien de l’origine géoculturelle d’une pensée écologiste « profonde » et de la dévastation des écosystèmes qu’elle combat. Une pensée qu’il faudrait sans doute se garder d’identifier à un retour improbable vers une autre cosmologie que la nôtre, tel l’animisme. En d’autres mots, ce que d’aucuns appellent l’écosophie est ce courant de pensée occidental qui associe, avec des variantes, le souci du partage de la terre avec l’ensemble du vivant et la réflexion philosophique. « Écosophie » (Økosofi) est un mot-valise, forgé par le philosophe et alpiniste Norvégien Arne Næss en 1960. Næss est également le fondateur de la deep ecology, rompant avec la vision anthropocentrée de l’environnementalisme, ce qui est également le cas de Morizot. La production est abondante, rien qu’en langue française. Le journal Le Monde y a consacré deux dossiers en juillet et août 2020, sous les titres « La fin de la nature ? » et « Les penseurs du nouveau monde ». Nous avons choisi de partir de Baptiste Morizot et d’un de ses livres, Manières d’être vivant, publié en 2020 dans la collection « Mondes sauvages. Pour une nouvelle alliance » chez Actes Sud. Nous allons donc pister Morizot, qui consacre nombre de pages (et de livres) au pistage des animaux, notamment les loups. Quel « animal » allons-nous donc rencontrer en suivant et analysant ses traces ?

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Le point de vue du virus

Coronavirus wiki

Quel avantage évolutif un microbe tire-t-il du fait de nous rendre malades de manière bizarre, par exemple de provoquer des plaies génitales ou des diarrhées ? Et pourquoi faut-il que les microbes évoluent au point de devenir meurtriers ? Cela paraît particulièrement déroutant et suicidaire puisqu’un microbe qui tue son hôte se condamne lui-même.

Jared Diamond, Guns, Germs and Steel. The Fate of Human Societies

De nombreuses inconnues entourent encore la pandémie provoquée par le SRAS-CoV-2 (Covid-19 est la maladie), de la famille des Coronavirus, ceux qui portent une couronne. Nous ne projetons pas ici de parler principalement du virus en tant que tel, de ses origines, de sa diffusion, de ses effets morbides, des manières de s’en prémunir ou d’y faire face, mais d’abord de comprendre ses « intérêts ». Notamment du dernier en date, en partant des autres en général. Non pas avec un regard animiste, avec lequel on évoquerait son intériorité et ses actes de vengeance, mais bien de la bio-logique qui sous-tend son existence et sa diffusion auprès des êtres vivants, dont les humains. Y compris ceux qui, tout en étant porteurs du virus, sont asymptomatiques. Comme le furent les Conquistadors, décimant des millions d’Amérindiens sans savoir comment.

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Une anthropologue fauve

Kandinsky rue de Murnau 1908

Kandinsky période fauve, Rue de Murnau, 1908 (domaine public)

« Il y a un siècle et demi, des hommes de bonne foi poussèrent les indigènes à abandonner le monde polyphonique des esprits au profit d’un dieu unique et salvateur. Aujourd’hui, de nouveaux sauveurs semblent s’employer corps et âme à prolonger cette mission, en la reformulant dans la terminologie actuelle et en prolongeant son champ d’action : il faut rendre les animaux à la sublime nature indépendante, cesser de les pourchasser, de les séduire, de les tuer, pour parachever la solide cloison entre les mondes qui devra permettre l’étanchéité des uns par rapport aux autres, et dès lors l’accès des hommes à quelque chose de véritablement extra-humain, c’est-à-dire transcendant. »

Nastassja Martin, Les âmes sauvages

« La division entre la conscience et la matière, déclinée en division entre corps et esprit, entre homme et femme et entre humains et naturel, se forme sur une différence coloniale anthropologique entre le conquérant et l’Indien soumis. L’Indien n’est pas un autre, mais une figure du même à éduquer ».

Sylvie Taussig, « Descartes dans la pensée décoloniale »
(point de vue de la pensée décoloniale, résumé par l’auteur)

L’anthropologue Nastassja Martin a connu un écho médiatique non négligeable pour ses deux premiers livres. Il s’agit de Les âmes sauvages, issu de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola, consacrée à une population animiste d’Alaska, les Gw’ichin, et de Croire aux fauves, récit très personnel écrit après sa confrontation avec un ours au Kamtchatka, une péninsule en Extrême Orient russe. Dans l’émission radiophonique de la RTBF, « Et Dieu dans tout ça ? » du 19 janvier 2020, la jeune anthropologue française revient sur son itinéraire personnel et académique. Les informations qu’elle y livre permettent de mieux appréhender la logique de son parcours, y compris ce qui semble échapper à la maîtrise, ce qui se niche « entre les mondes », voire ce qui conduit à « l’inquiétante étrangeté ». Elle fournit notamment des éléments permettant de saisir les liens profonds entre les deux livres, débouchant sur la rencontre  avec le regard et le corps de l’ours.

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L’arbre qui cache la forêt

Dans la forêt primaire de Nara, Japon
(photographie de l’auteur)

Ces rencontres avec d’autres sortes d’êtres nous forcent à admettre que voir, se représenter, et peut-être savoir, ou même penser, ne sont pas des affaires exclusivement  humaines

Eduardo Kohn, Comment pensent les forêts

Notre regard sur les arbres est en pleine métamorphose. Comment nous en étonner ? Nous vivons une époque charnière, parcourue de changements profonds dans notre perception du monde.

Jacques Tassin, Penser comme un arbre

Nous devrions plutôt essayer de penser comme des arbres et d’écrire comme des feuilles

Christian Dotremont
(cité par Pieter De Reuse, Christian Dotremont Traces de logogus)

Rien de plus instructif pour mesurer l’esprit du temps que d’arpenter les librairies, d’écouter ou de regarder les médias qui rendent compte des livres et font parler leurs auteurs. Certes, il y a bien d’autres lieux de surgissement de nos mutations culturelles – notamment les pratiques et les discours sociaux – mais les livres et les recherches en demeurent ordinairement le soubassement ou le réceptacle. Ces dernières années, parmi d’autres sujets marquants, on ne peut qu’être frappé par l’importance croissante de « la nature », plus particulièrement des relations entre cette dernière et les humains. Cela, bien évidemment, dans le contexte des périls écologiques qui nous menacent. Pour prendre cet immense sujet par un bout, nous avons choisi les arbres – en nous basant sur des ouvrages très différents en termes d’accessibilité, de public et de scientificité supposée. Nous reviendrons ensuite brièvement sur les raisons de cette nouvelle dignité naturelle dans notre espace culturel. Assisterions-nous au déclin du « grand partage » entre humains et non-humains, instaurée par ce que l’anthropologue Philippe Descola nomme l’ontologie naturaliste des modernes, voire déjà par la Bible ? Et qu’est-ce que cette passion contemporaine pour l’arbre nous apprend sur la forêt humaine ?

Une série sur Arte en 2024 : L’arbre qui cache la forêt, très illustrative de notre propos, mais pas dans le même sens !

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