
Vue de l’Avesnois par le peintre Raymond Debiève
(Maison du Bocage à Sains-du-Nord)
La journée fut ardente et folle pour une fin d’avril. Le paysage de prairies, de haies vives, d‘arbres d’une verdure cristalline étincelait dans la chaleur de l’été. La conjonction d’un soleil couchant somptueux, de buissons d’aubépine ployant sous d’épaisses grappes et de prairies tapissées de renoncules recouvrait la terre d’un manteau doré. L’étroite route parcourue à bicyclette serpentait entre bocages et bosquets. Parfois, une trouée dans les haies laissait entrevoir des groupes de moutons ou de petites vaches brunes, de vieilles maisons de pierres et de briques. Nous revenions de Maroilles pour rejoindre Noyelles, non loin de la Sambre, des marais et prairies humides qui la bordent. Au-delà, la forêt de Mormal dressait ses chênes sur le versant nord de la vallée. Notre logement apparut bientôt au premier étage d’une maisonnette de vieilles briques. Après avoir rangé les vélos, nous avons escaladé l’escalier de bois pour retrouver notre gîte nimbé de lumière pourpre. Le premier soir tombait.
Si t’vas dins l’Avesnois
Té pousses ch’qu’à Trélon
Ten’verras mi in bout d’carbon
Dins l’Nord y a pas qu’des corons, chanson d’André Dufour
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